On tente la Trifecta ! Partie 3 : le week-end de course

Voici la dernière partie de cette série d’article sur une première Trifecta, après les préparatifs d’inscription et l’entrainement : place au week-end de course tant attendu !

Pour la Trifecta le retrait des dossards se faisait directement au circuit Paul Ricard du Castellet, le vendredi après-midi. Les bénévoles étaient très sympa et un retrait spécial Trifecta était même là. En à peine 2 minutes j’ai pu récupérer un sac coureur avec les bracelets puce, les 3 bandeaux avec leurs puces de chronométrage associées et des gels courses. Les bracelets “normaux” avaient le numéro de dossards inscrits dessus, pour la Trifecta, il y a juste un “T” qui permet d’être reconnu et d’éventuellement passer plus facilement d’une vague à l’autre sur les courses en fonction de notre ressenti : une belle intention qui en cachait une encore plus belle, car les 3 dossards se terminaient par les 2 mêmes numéros ! Cela veut donc dire un seul Memory à retenir pour la journée. Autant dire que mon “324 Amykles 2118” n’est pas prêt de repartir de ma tête 😉 .

La zone festival du vendredi permet de ressentir l’émotion grandir chez les futurs participants, l’excitation n’est pas encore à son comble mais on sent déjà une super ambiance. On peut retrouver nos noms sur la banderole de qualification Trifecta de Sparte, sympa ! Quelques motivés testent des obstacles laissés en libre service avec des bénévoles pour conseiller sur les bons mouvements. Pour ma part, je ne traine pas, les 10h de route ont été fatigante il s’agit maintenant de ne pas se coucher tard pour demain matin.

Le matin de la course, après un petit échauffement solo vient le moment de rentrer dans le sas de départ pour un échauffement ludique. Les visages sont concentrés. Ayant déjà fait la Beast sur ce même circuit l’an passé, j’ai une idée du challenge, je vais donc suivre mon rythme pour ne pas m’entamer pour les courses suivantes.

8h45 le départ est donné, on attaque quelques buttes et rapidement des obstacles simples : passer sous, au dessus et au travers de murs, passage dans de l’eau à mi-mollet. Le Memory arrive très rapidement, une fois le moyen mnémotechnique trouvé on repart pour descendre une palissade en rappel avant quelques côtes plus grosses. Pas de grosses difficultés pour le moment, je redoute juste le porté de parpaing qui avait été si douloureux l’an passé. L’Olympus arrive assez vite, la technique est meilleure cette année et je le passe avec sourire. On croise un ravitaillement mais visiblement il va falloir faire une boucle pour y accéder. Début de descente et surprise, pas de parpaing mais un sac de sable de 60lbs (27kg) : cool ça doit mieux passer ! S’ensuit alors une descente interminable sur un terrain très rocheux et enfin une montée tellement harassante que je regrette le parpaing : à travers les arbres et les rochers sur un terrain instable il faut remonter dans la douleur ce sac qu’on aimerait tellement jeter au sol. Je m’accroche mais il me faudra plus de 30 minutes avant d’arriver à remettre ce sac dans le bac pour les suivants. Le ravitaillement fait du bien mais il faut repartir.

Je n’ai plus l’ordre exact des obstacles suivants mais on va continuer avec la tyrolean traverse : une corde pour faire le cochon pendu afin de faire sonner la cloche. On passera également sur un Bender (échelle incurvée inversée avec premier barreau à un peu plus de 2m de haut). Il y a les classiques grimpers de corde, Traverse Climbing Wall, tirage et retournés de pneus, ramping sous barbelés et sous filet. A noter que les ravitaillements sont partout, on ne manque de rien !

En revenant vers le circuit, le terrible porté de chaines se profile à l’horizon. Toujours aussi lourdes, il faut effectuer une boucle complète avant de repartir vers le Stairway to Sparta et de beaux murs à grimper. Vient ensuite l’épreuve de nage et un passage dans un long tuyau qui amène vers un pierrier à descendre. L’équilibre n’est pas en reste avec 3 rondins à passer l’un après l’autre et une slack line coincée entre 2 rampés sous barbelés.

La fin de course arrive, on entend la musique et l’ambiance spectateur grandir. Après ce long rampé vient le Slippery Wall suivi du Memory à restituer. On grimpe le filet cargo et en redescendant, le multi-rig nous montre le bout de son nez suivi des javelots, c’est comme ça qu’on se prend 60 burpees en fin de course ! Encore un Inverted Wall et enfin le saut de fin au-dessus du brasier. La Beast est finie, mon binôme et moi la finissons en 4h57 (24km), pas extraordinaire mais toujours 45min de moins que l’an passé. On est un peu entamé, mais il nous reste une heure avant la prochaine course, il faut donc aller jusqu’au parking pour reprendre des forces avant de repartir.

Après un repas en poudre avalé, vient le moment de prendre le départ de la Super. Une fois lancé à nouveau on repart en terre connue avec les mêmes épreuves de départ. L’Olympus passe à nouveau, on évite les burpees pour le moment 🙂 . Le tracé est assez similaire mais tronqué par rapport à la Beast c’est rassurant sauf quand on entame la descente vers le porté de sac : catastrophe on y a droit à nouveau !!! Je vois toutefois des 50lbs (22kg), c’est toujours ça de gagné mais là on va mettre plus de 40 minutes à le porter. C’est un des tournants de notre course pour mon binôme et moi : la fatigue arrive on va passer en mode déconnexion pour ne pas trop subir cette fin de course. Les passages de murs se font bien mais tout devient dur. Le mental et l’égo vont jouer pour réussir à terminer. Étant en vague Open, on profite avec mon binôme des possibilités d’entraide. Le plus douloureux sera le deuxième porté de chaine… après 1/3 du parcours, je n’arrive plus à les prendre correctement et avancer en même temps : trop douloureux. La richesse de ce sport se révèle alors car un couple tient absolument à m’aider et vont les prendre pour me permettre de récupérer. Ayant pris la dernière vague de la Super, on croise peu de gens (même si il y a eu des ouvertures supplémentaires pour les retardataires), principalement des personnes cherchant à faire une Trifecta journée, beaucoup sont dans la douleur, parfois plus que nous surtout ceux qui l’a tentent en solo.

J’ai froid depuis plusieurs kilomètres, alors je passe mon tour sur la nage, tant pis je préfère les burpees. Les autres obstacles se passent bien, même si le dernier rampé semble interminable et que je laisse un genou sur le Slippery Wall au moment de passer de l’autre côté. J’aurais forcément droit aux burpees du javelot mais peu importe, la ligne d’arrivée est juste derrière : on l’a fait ! 4h03, même pas une heure de moins que la Beast.

A partir de là je suis un peu perdu, pendant la fin de la Super je me posais la question de m’arrêter là, tant pis pour la Trifecta, j’étais trop crevé pour courir. Mon talon d’Achille gauche me fait souffrir, je boite et même la marche est douloureuse, sans compter un harassement général. je ne me vois même pas revenir à la voiture. Une amie venue faire la Sprint nocturne avec nous et volontaire dans la journée est là avec un chocolat chaud, et le stand de pâtes bolognaise me tend les bras. On a 2h devant nous pour se remettre d’aplomb avant notre départ à 21h45. Je me pose dans la voiture avec le chauffage dans un état second. Après 1h de pause, les bonnes sensations reviennent, je me prépare pour la dernière course : haut technique manche longue, brassard fluo et frontale. Je boite mais je veux finir alors c’est reparti !

Un dernier échauffement qui pour moi sera plus une séance d’étirements salutaire et le départ va être lancé. L’ambiance de la Sprint est complètement hallucinante, pas l’impression d’être sur une Spartan mais sur une frappadingue : des gens en kilt et même des motivés en mankini de Borat ! Je les plains pour les obstacles. Tout est festif et les jeux de lumières et de laser rendent cette course exceptionnelle ! Les obstacles sont éclairés par des leds bleues, les mines sont réjouies, une atmosphère qui porte et me permet de survoler la course sans trop penser à ma fatigue et à ma douleur, je cours et passe les obstacles tranquillement en sachant que je n’ai que 8km avant la délivrance. Je porte mon binôme sur le multirig et peine sur les burpees du javelot mais les flammes sont là : la Trifecta est à nous !

Heureux et au bout de nous-même, on décide de vite rentrer pour aller prendre une douche chaude et enfin se coucher, demain 10h de route nous attendent et une joie immense de l’avoir fait va nous transporter ! Avec un peu de recul, je pense vraiment avoir manqué d’entrainement. Faire la Beast l’année précédente donne une idée du challenge, mais enchainer 11h de course avec les pénalités et les épreuves de force, c’est encore une autre histoire. La motivation est encore présente, à voir pour le prochain challenge !

Edit : la sanction est tombée, tendinite au talon d’Achille, il va falloir renforcer tout ça pour la prochaine fois !

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